Introduction
A la fois comme entreprise et comme source d’information, les journaux
ont dû s’adapter aux nouvelles
technologies de
l’information et de la communication, Internet en premier lieu. Aujourd’hui,
pour éviter de
paraître totalement
dépassé, mieux vaut être sur le Web quand on est un
média, même si le doyen des media
en ligne, le site
du quotidien américain San
Jose Mercury News, a vu le jour il y a seulement 6 ans.
De plus, il n’est désormais plus question de se contenter de reproduire
l’original, il faut en faire plus,
exploiter au maximum
les ressources offertes par le réseau. Internet donne en effet naissance
à des sources
d’information dépourvues
de toute attache avec des supports traditionnels : les WebTV, par exemple,
comme
Freespeech
aux Etats Unis, les Radioweb
et surtout les journaux en ligne. C’est en effet la presse qui a
commencé
à s’émanciper sur le Net : Salon
aux Etats-Unis, Chronic’Art
en France, ou dans un autre genre
le Drudge
Report , que l’on évoquera, sont des journaux en ligne sans
antécédent papier.
Il convient de bien cerner le sujet car Internet suscite de nombreux débats
éthiques dans des domaines
variés :
il n’est pas question de l’éthique du Web en général
comme c’est le cas actuellement dans l’affaire
Yahoo, ni des mutations
du journalisme du fait de son passage sur Internet (pour cela, se référer
à un
exposé
de
la conférence de l’an dernier), mais bien du problème
de l’éthique de ce que l’on appelle aussi
le « Cyberjournalisme
».
Internet autorise ce que les media traditionnels ne peuvent apporter en
même temps : cocktail
texte-image-son,
disponibilité permanente, instantanéité et surtout
rapidité de l’information à des niveaux
jamais atteints
: le problème, qui est valable pour les media tant traditionnels
que nouveaux, est que ces
nouvelles possibilités
offertes par le basculement du journalisme sur la Toile peuvent nuire à
la crédibilité de
l’information, à
la déontologie des publications, à l’éthique journalistique,
mais également au respect de la
personne humaine...
N’est-il
pas alors indispensable de mettre en œuvre des mécanismes de régulation
dans le rapport du
journalisme à Internet ?
Pour certains il ne saurait y avoir de contrôle car ce serait mettre
en péril la liberté d’échange et le principe
de gratuité,
mais aussi et surtout la liberté d’expression. Certains pensent
que les professionnels de l’information
ont une tradition
d’autodiscipline, et que, Internet étant un nouveau média,
il suffit de faire appel à leur
déontologie.
L’actualité récente – largement diffusée sur le réseau
- relative au nombreuses affaires défrayant la
chronique (de Monica
à DSK…)
nous invitent à réfléchir sur la place de l’éthique
sur Internet, sur la définition
de
l’éthique dans ses rapports avec le réseau des réseaux.
En effet, nombreux sont les journalistes qui ne
respectent pas les
principes fondamentaux de leur profession, à commencer par le devoir
d’objectivité, la
recherche de la
vérité et le respect du public. La déontologie est
suffisante ? Il est permis d’en douter.
Qui peut alors venir
réglementer ce réseau sans frontières ? Qui doit sanctionner
les abus ?
Le Mémoire sera, comme il est exigé, plus centré
sur la réflexion par rapport à la question posée
qu’une succession
de faits relatés : il ne s’agit pas de raconter le Monicagate ou
l’affaire Mérry, même si
des exemples concrets
plus ou moins célèbres alimenteront le débat.
Nous commencerons d’ailleurs notre propos par un chapitre préliminaire
consacré à la recherche
d’une définition
de l’éthique qui nous paraisse satisfaisante.
Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux problèmes
déontologiques et aux dérives nés de
l’usage d’Internet
comme source d’information, avant de s’interroger sur les éventuelles
solutions que
l’on pourrait apporter
face à ces menaces …doit-on et peut-on imposer une éthique
au journalisme sur Internet ?