Des risques d’externalisation de la production du contenu journalistique
:
un journalisme éclaté
Dès lors, comment définit-on le journaliste ? Ou plutôt,
que devient le journaliste dans un monde où
chacun peut être
son propre informateur ? L’importance de redéfinir l’éthique
du journaliste devient urgente
dans le monde d’Internet.
Cette redéfinition passe avant même la redéfinition
de son rôle, puisque la profession
du journaliste est
vouée à disparaître si le journaliste multimédia
ne réfléchit pas à une nouvelle pédagogie
adaptée à
l’Internet.
Les risques sont loin d’être négligeables :
- Un risque de manipulation : nombre d’informateurs, notamment de
grandes organisations publiques
et privées,
s’assurent les services d’ingénieurs et de consultants pour produire,
sur le web, des informations
particulièrement
adaptées à ce que recherchent les journalistes. Or, les journalistes
ne sont pas toujours en
position optimale,
en termes de temps et de moyens, pour se passer de ces informations ou
même, pour les
compléter
et les vérifier.
- Un risque du suivisme entre médias : Internet peut tendre
à favoriser chez les journalistes la pratique
de la revue de presse,
et notamment la consultation des médias étrangers. Ici encore,
c’est une logique
d’externalisation
de la production du contenu qui peut s’imposer : faute de temps et de moyens,
ce sont les
informations diffusées
par des confrères qui seront reprises, notamment si ces confrères
travaillent dans des
organes de presse
réputés sérieux.
Ces risques
peuvent nuire à l’éthique de certains journalistes pourtant
chevronnés : Pierre Salinger par
exemple dans l’affaire
de l’explosion en vol de l’avion de la TWA en 1996, s’est fait piéger
par des rumeurs
d’apparence très
documentée qui expliquaient, détails à l’appui, que
l’avion avait été victime d’une erreur
de tire de missile
de la marine de guerre américaine.