CONCLUSION :
Le journalisme sur Internet, un journalisme comme les autres ?
L’exposé
a montré, nous l’espérons, que le journalisme on line a ses
propres règles, ses propres dérives
et ses propres moyens de contrôle.
Le cyberjournalisme est donc, comme le sont le journalisme radio ou télé,
une forme spécifique de journalisme
qui combine un peu tous les autres types.
Cependant,
le risque de désinformation par Internet est-il vraiment disproportionné
par rapport aux
média traditionnels ?
On peut dire que le journalisme sur Internet
commence à peine, pour le grand public ça n'a pas
cinq ans. C'est sans doute normal qu'une
confusion existe. Les risques sont certes perceptibles et importants,
mais comme pour les autres médias,
une période de crédibilisation est nécessaire; il
faudra nous habituer à
consulter certains sites plus fiables
que d'autres, certaines signatures plus crédibles. Les « vrais
» journalistes
l’affirment : c’est le lecteur qui fera
la différence, qui saura quels sites sont plus fiables que d’autres…en
allant
consulter le Drudge
Report, on sait que l’on s’expose à un risque de rumeur sans
fondement.
L'effet
de marque, comme ailleurs, s'imposera. Après tout lorsque l’on se
trouve devant les centaines de
publications qu'expose un kiosque de presse
on éprouve aussi un certain vertige, et on finit par choisir la
publication à laquelle nous faisons
le plus confiance. Ce sera peu à peu pareil sur Internet.
Même
si l’info circule plus vite et mieux sur Internet, le débat sur
l’éthique du journalisme s’applique à tous
les média, et ce depuis les débuts
du journalisme moderne.
Internet
n’a pas créé une confusion de l’information, une dérive
de l’éthique journalistique, il n’a fait
qu’ajouter un lieu de manifestation de
cette confusion.
« Internet est le
média de l'instantanéité par excellence, pour le meilleur
et pour le pire. Et l'instantanéité ne permet pas
la vérification.
Les citoyens devront apprendre à éviter les pièges.
Après tout, c'est ce qu'ils font, avec plus ou moins
d'intensité, depuis
que la conquête de la démocratie a libéré les
communications. »
Ignacio Ramone, auteur de « la Tyrannie de la communication »
